Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/126

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


que moi ? Pour moi, je dis que c’est l’attente d’un mal, soit que (ceci s’adresse à toi, Prodicus) vous l’appeliez crainte on terreur.

Protagoras et Hippias jugèrent que la crainte et la terreur n’étaient autre chose que cela. [358e] Prodicus l’accorda de la crainte, et le nia de la terreur.

Peu m’importe, Prodicus ; l’essentiel est de savoir si ce qui a été dit précédemment est vrai. Est-il quelqu’un qui se porte volontiers vers les objets qu’il craint, lorsqu’il est maître de se tourner du côté de ceux qu’il ne craint pas ? ou cela est-il impossible, suivant nos aveux ? Car nous avons reconnu que ce qu’on craint, on le regarde comme un mal, et que jamais personne ne se portera vers ce qu’il regarde comme un mal, ni ne le choisira de propos délibéré.

Tous [359a] furent de cet avis.

Tout ceci posé, continuai-je, il faut, Prodicus et Hippias, que Protagoras justifie ici la vérité de ce qu’il a répondu d’abord, un peu après le commencement de cet entretien, lorsqu’il a dit que des cinq parties de la vertu aucune n’était telle que l’autre, et que chacune avait sa faculté particulière : ce n’est pas de cela que je veux parler, mais de ce qu’il a répondu ensuite. Or, il a dit que quatre de ces parties avaient une assez grande ressemblance [359b] entre elles ; mais