Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/125

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Ils en convinrent.

Si donc, ajoutai-je, ce qui est agréable est bon, il n’est personne qui, sachant ou conjecturant qu’il y a quelque chose de meilleur à faire que [358c] ce qu’il fait, et que cela est en son pouvoir, se détermine à faire ce qui est moins bon, lorsque le meilleur dépend de lui ; et être inférieur à soi-même n’est autre chose qu’ignorance, comme c’est sagesse d’y être supérieur.

Tous l’avouèrent.

Mais quoi ! qu’est-ce qu’être ignorant, selon vous ? N’est-ce point avoir une opinion fausse, et se tromper sur des objets de grande importance ?

Tous l’avouèrent encore.

N’est-il pas vrai, leur dis-je, que personne ne se porte volontairement au mal, ni à ce qu’il prend pour mal ; qu’il [358d] n’est pas, à ce qu’il paraît, dans la nature de l’homme d’embrasser de propos délibéré ce qu’il croit être mauvais, au lieu de ce qui est bon ; et que quand on est forcé d’opter entre deux maux, on ne choisira jamais le plus grand, lorsqu’on peut prendre le moindre ?

Nous sommes tous demeurés d’accord de chacun de ces points.

Qu’appelez-vous donc du nom de terreur et de crainte ? Entendez-vous pas là la même chose