Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/131

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La science des objets qui sont ou ne sont pas à craindre, n’est-elle pas opposée à l’ignorance de ces mêmes objets ?

Il fit un nouveau signe de tête.

L’ignorance de ces objets n’est-elle point la lâcheté ?

Il fit encore un signe, mais avec bien de la peine.

La science des objets qui sont ou ne sont pas à craindre est donc le courage, puisqu’elle est opposée à l’ignorance de ces objets.

Ici il ne voulut plus faire de signe, ni dire un seul mot.

Quoi donc, Protagoras, tu ne réponds ni oui ni non à ce que je te demande ?

Achève toi-même, me dit-il.

Je n’ai plus, repris-je, qu’une seule question [360e] à te faire, savoir, si tu juges encore comme précédemment, qu’il y a des hommes très ignorans et en même temps très courageux ?

Socrate, tu t’obstines toujours, ce me semble, à vouloir que ce soit moi qui réponde. Je te ferai donc ce plaisir, et je dis que, d’après ce qui a été accordé, cela me paraît impossible.

Je ne te fais toutes ces questions, lui dis-je, que pour savoir ce qu’il faut penser des parties de la vertu, et en quoi consiste la vertu elle-même. Car ce point une fois mis en évidence,