Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/133

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haite passionnément de la voir éclaircie ; et je voudrais qu’après la discussion où nous venons d’entrer, nous allassions jusqu’à examiner quelle est la nature de la vertu, pour voir ensuite si elle peut s’enseigner ou non : afin qu’Épiméthée, après avoir tout gâté dans la distribution [361d] dont il fut chargé, comme tu l’as raconté, ne nous trompe point encore ici, et ne nous fasse point faire plus d’un faux pas dans cette recherche. Le prévoyant Prométhée, dans ta fable, m’a plu beaucoup plus que le négligent Épiméthée. C’est à son exemple que, portant sur toute la suite de ma vie un regard de prévoyance, je m’applique soigneusement à l’étude de ces matières : et comme je te l’ai dit d’abord, mon plus grand plaisir serait de les approfondir avec toi, si tu y consentais.

Socrate, dit Protagoras, je loue ton ardeur et ton talent à manier la dispute. Car entre [361e] tous les défauts dont je me flatte d’être exempt, je suis de tous les hommes le moins jaloux. Aussi ai-je dit souvent de toi, que de tous les jeunes gens de ma connaissance, tu es celui dont je fais le plus d’estime, et que je te mets infiniment au-dessus de tous ceux de ton âge. J’ajoute que je ne serais pas surpris qu’un jour tu prisses place parmi les personnages célèbres pour leur sagesse. Nous converserons une autre fois sur ces