Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/144

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


l’une à l’autre ; donc toutes ont un but commun, la réfutation de la fausse rhétorique ; donc la rhétorique est le vrai but du Gorgias, et les principes supérieurs auxquels Platon en appelle ne sont dans toute leur sublimité que la route nécessaire pour arriver logiquement à la conséquence qu’il voulait établir. Et si l’on objecte que cette conséquence est bien peu importante pour une discussion aussi élevée, nous répondrons que c’est méconnaître entièrement la place de la rhétorique dans l’ordre social de l’antiquité, où toutes les affaires publiques et privées se traitant devant le peuple entier ou devant une portion considérable du peuple, la parole était l’instrument universel, l’éloquence la condition de toute influence, et la rhétorique l’étude obligée de tout homme d’état.

Le but, la place et la liaison de toutes les parties du Gorgias ainsi déterminés, on suit aisément Platon dans la longue carrière qu’il