Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/157

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n’est pas moins concluant, et il est du même genre que le précédent. Être puni de l’injustice qu’on a commise, c’est être puni justement. Or, d’après le sentiment universel, tout ce qui est juste est beau ; et si punir justement est beau, l’effet ayant le caractère de sa cause, être puni est beau conséquemment ; et le beau étant le bien, c’est-à-dire étant ou agréable ou utile, comme on l’a dit plus haut, à défaut de l’agrément, qui ne se rencontre pas dans la punition, il faut que l’utilité y soit. Mais relativement à quoi ? relativement à l’âme. L’âme a ses biens et ses maux comme le corps a les siens. Les maux du corps sont la pauvreté, la maladie, l’obscurité, les pertes et les privations physiques ; ceux de l’âme sont l’ignorance, la lâcheté, l’intempérance, l’injustice. Mais le sentiment intime du genre humain et l’opinion universelle faisant regarder les maux de l’âme comme plus honteux et plus laids que ceux du corps de toute la différence de la beauté de l’âme d’avec celle