Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/160

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Écoutons Platon. « Votre ennemi, dit-il à l’orateur, a-t-il commis une injustice, et voulez-vous lui nuire ? faites tout pour l’empêcher d’être cité devant un tribunal. Ne pouvez-vous l’empêcher ? Il faut le tirer d’affaire à tout prix ; de sorte que, par exemple, s’il a volé de l’argent, il ne le rende pas, mais le garde ou l’emploie en dépenses criminelles ; si son crime mérite la mort, qu’il ne la subisse pas, et, s’il se peut, qu’il ne meure jamais et soit immortel dans le crime. S’agit-il, au contraire, d’un de vos amis, ou de vos proches, ou de vous-même ? Hâtez-vous d’exposer le crime au grand jour ; présentez-vous de bon cœur à la justice, comme au médecin, pour souffrir les incisions et les brûlures sans regarder à la douleur ; il ne faut penser qu’à ce qu’on a mérité. Sont-ce des fers ? il faut leur tendre les mains ; une amende ? la payer ; l’exil ? s’y condamner ; la mort ? la subir ; enfin il faut déposer contre soi-même, et mettre en œuvre toutes les res-