Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/163

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dans l’espèce humaine elle-même, si on l’examine bien, et si on consulte sincèrement son histoire. Mais les faibles, par peur et par envie, ont inventé les lois et l’égalité, c’est-à-dire une fausse justice qui essaie d’arrêter la vraie justice, d’établir un équilibre chimérique, de donner des droits à tous, même à la faiblesse, en dépit de l’ordre naturel, qui veut que les plus forts et les meilleurs soient les premiers ; ordre si vrai, que toutes les institutions humaines le compriment à peine, et que, malgré les entraves légales, il reparaît avec tout esprit énergique et ferme qui rétablit les droits de la supériorité naturelle, et ressaisit la souveraineté par force ou par adresse, ici par l’épée, là par la parole, selon les temps et les lieux. Le but de la vie, pour tout homme qui pense, est de se faire jour à travers ces barrières artificielles, d’acquérir de la fortune et du pouvoir, de servir ses amis, d’écraser ses ennemis, de satisfaire ses passions et