Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/164

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d’être heureux. Telle est la vérité des choses. La philosophie qui méconnaît l’ordre naturel et se passionne pour l’ordre légal et pour l’idéal abstrait d’une fausse justice, est une philosophie niaise. Le vrai philosophe est l’élève de la rhétorique, qui, connaissant son époque, marche à la domination par la parole, et gouverne les hommes qu’il méprise ; tandis que Socrate, avec son enthousiasme pour l’ordre légal et la justice, serait incapable de se défendre contre les caprices et les retours de ce peuple qu’il sert et qu’il aime, mais que ses ennemis gouvernent et peuvent à tout moment soulever contre lui.

Il faut voir dans Platon avec quelle vigueur de dialectique Socrate examine et combat pied à pied chacun des points du système moral et politique de Calliclès, opposant aux sophismes de son altière immoralité les argumens les plus simples et les plus forts, tirés de la conscience du genre humain, et