Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/166

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une injustice que de la souffrir, il s’ensuit que ce qui est selon la loi est aussi selon la nature, puisque, en fait de force, l’autorité dernière est incontestablement le plus grand nombre ; ou si l’on essaie de ramener l’idée du plus fort à celle du meilleur, c’est-à-dire apparemment du plus juste, on s’impose alors l’obligation de tirer rationnellement l’idée de tyrannie de l’idée de justice, et de prouver que l’homme juste a le droit de se faire une part plus large dans la distribution des biens de ce monde, au lieu de s’imposer à lui-même la règle qu’il prescrit aux autres, et se de soumettre à la justice de la société humaine, qui est l’égalité. Enfin, si l’on essayait de tourner la justice contre elle-même, sur ce principe que le meilleur et le plus juste est le plus digne de commander, il faudrait se hâter de répondre que le meilleur et le plus juste est le plus digne de commander sans doute, mais selon les règles de la justice ; ce qui