Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/167

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


renverse toute idée de pouvoir arbitraire. La justice consiste d’abord à se commander à soi-même, avant d’essayer de commander aux autres ; elle consiste à gouverner ses passions, au lieu d’y soumettre ses semblables. L’idée qui répond immédiatement à l’idée de la justice, n’est pas celle de la domination, mais de la tempérance. Ainsi, de quelque manière que l’on considère et que l’on prenne l’expression de plus fort et de meilleur, on n’en peut rien tirer contre l’ordre légal, qui nous apparaît alors comme fondé sur la double base de la force et de la justice, confondues ensemble, et imposant à qui que ce soit et à tous les titres le respect des lois, l’égalité et la tempérance.

2° Mais la tempérance est une folie dans un système qui réduit le souverain bien au plaisir et tout mal à la seule douleur. Voici contre ce système quelques argumens qui rappellent ceux du Philèbe. Le bien et le mal sont contraires l’un à l’autre et ne peu-