Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/173

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élève perpétuellement ses semblables. Convaincu que les choses sont ce que les hommes les font être, et que là où les âmes vont bien ou mal, il est impossible que tout le reste n’aille pas de même, il fait de la force morale de l’état la base de sa force politique. En effet, qu’on y songe sans préjugés ; d’où peut venir la faiblesse et la décadence d’un état, sinon de la prédominance des intérêts particuliers sur l’idée du tout que l’état représente ? et qu’est-ce que la prédominance des intérêts particuliers, sinon l’égoïsme ? et qu’est-ce que l’égoïsme, sinon le vice lui-même et le symptôme manifeste de la corruption intérieure ? Le vrai politique, le vrai orateur est donc, avant tout, moraliste ; et, après s’être efforcé d’établir les meilleures lois, sa tâche est de les maintenir en mettant en harmonie avec elles les âmes des citoyens par les mœurs et l’éducation. Enseigner et répandre la vertu, c’est donc travailler à la puissance publique ; et l’ordre politique n’est