Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/178

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s’en écarter plus encore que de ne pas subir la punition qu’il nous impose ; ce serait aggraver le désordre, et par conséquent la misère, tout désordre étant misère, comme tout ordre est bonheur. En maintenant donc la justice distributive, la loi qui attache la peine à toute infraction à l’ordre, l’homme d’état donne au peuple une leçon salutaire, et travaille au bonheur même de celui qui est puni, puisqu’il le réconcilie avec lui-même, avec la société et la raison universelle. Il est son ami, son bienfaiteur, sa providence, et il est celle de l’état, puisqu’il y fait régner l’ordre légal et moral, qui représente l’ordre essentiel des choses. En effet, Dieu lui-même n’est que l’ordre pris substantiellement : ce monde, en apparence livré à une révolution perpétuelle, suit une marche régulière, et son nom divin est l’ordre, ὁ ϰόσμος. Une géométrie sublime préside à l’harmonie des êtres ; l’égalité géométrique, pour parler comme Platon, est la loi de l’existence universelle,