Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/187

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métaphysiques. Indépendant comme un élève de Socrate, mais d’un esprit trop étendu pour n’être pas conciliant, sa philosophie, toujours si haute, semble toujours heureuse de se rencontrer avec les croyances les plus vulgaires de ses semblables. La fin du Gorgias est donc tout-à-fait mythologique. Platon rappelle que si le coupable échappe à l’aréopage, il n’échappera pas aux trois grands juges Éaque, Minos et Rhadamanthe, qui, dans l’autre monde, discernent les coupables et les innocens, envoient les uns dans l’Élysée, les autres dans le Tartare pour y subir la punition qui doit les purifier et les réconcilier avec l’ordre. Mais cette conclusion mythologique n’est point un hors-d’œuvre, et se rapporte encore, comme les autres parties du Gorgias, au but fondamental du dialogue, savoir, que la rhétorique qui cherche à sauver l’homme injuste, le perd au lieu de le sauver ; qu’en général la rhétorique qui ne songe qu’à plaire est une fausse rhétorique ;