Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/191

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SOCRATE.

Je te suis obligé, Calliclès ; mais serait-il d’humeur à s’entretenir avec nous ? Je voudrais apprendre de lui quelle est la vertu de son art, ce qu’il prétend savoir et ce qu’il enseigne. Pour le reste, il en fera, comme tu dis, l’exposition une autre fois.


CALLICLÈS.

Rien n’est tel que de l’interroger lui-même, Socrate ; car c’est là précisément un des points de la leçon qu’il vient de nous faire. Il disait tout-à-l’heure à ceux qui étaient présens de l’interroger sur ce qu’ils voudraient, se faisant fort de les satisfaire sur tout.

    nutes, un simple échange de complimens. La plus forte objection de Schleiermacher est tirée de cette phrase de Calliclès, quand vous voudrez venir chez moi, qui ne suppose guère en effet que le lieu de la conversation est la maison ou la porte de Calliclès ; car on n’invite pas les gens à venir où ils sont. Mais à la réflexion, on trouve que chez lui ou près de chez lui Calliclès peut très bien parler ainsi, et dire à Socrate et à Chéréphon, qu’il n’ose pour cette fois engager Gorgias à se répéter, mais que Gorgias loge dans sa maison, et qu’ils sont avertis une fois pour toutes que, quand ils voudront y venir, c’est-à-dire y revenir, ils y entendront Gorgias. Cela est si vrai, que Socrate répond à Calliclès, je ne veux aujourd’hui que lui dire un mot sur son art ; pour le reste, il en fera, comme tu dis, l’exposition une autre fois.