Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/190

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CHÉRÉPHON.

Il n’y a point de mal, Socrate : en tout cas, j’y remédierai. Gorgias est mon ami : ainsi il nous répétera les mêmes choses à présent, si tu veux ; ou, si tu l’aimes mieux, se sera pour une autre fois.


CALLICLÈS.

Quoi donc, Chéréphon ? Socrate est-il curieux d’entendre Gorgias ?


CHÉRÉPHON.

Nous sommes venus tout exprès.


CALLICLÈS.

Eh bien, quand vous voudrez venir chez moi, Gorgias y loge[1], vous l’entendrez.

  1. Il paraît que tout ce préambule se passe devant la maison de Calliclès, qui cause un moment avec Socrate et Chéréphon avant de les introduire et de les présenter à Gorgias. C’est là l’opinion d’Olympiodore, du Scholiaste, de Heindorf, et de tous les critiques, excepté Schleiermacher, qui place le lieu de la scène sur une place publique, ou peut-être au Lycée. Mais, dans ce cas, il y aurait quelque allusion directe on indirecte. Il ne faut pas oublier non plus que c’était surtout dans des maisons particulières que parlait Gorgias, étranger et chargé d’une mission diplomatique. Platon le dit expressément dans le grand Hippias. Schleiermacher trouve qu’il serait assez peu poli à Calliclès de laisser là ses hôtes Gorgias et Polus, pour venir causer avec Socrate : mais rien de plus naturel que d’aller au-devant de gens qui vous font visite, et qu’on va recevoir à l’entrée de sa maison. C’est l’affaire de quelques mi-