Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/209

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je ne soupçonne ce que tu veux dire ; mais je ne t’en demanderai pas moins quelle persuasion la rhétorique fait naître, et sur quoi. Si je t’interroge, au lieu de te faire part de mes soupçons, ce n’est point à cause de toi, mais de cet entretien, afin qu’il aille de manière que nous sachions clairement ce dont il est question entre nous. Vois toi-même si j’ai raison de t’interroger. Si je te demandais dans quelle classe de peintres est Zeuxis, et si tu me répondais qu’il peint des animaux, n’aurai-je pas raison de te demander encore quels animaux il peint, et sur quoi ? [1]


GORGIAS.

Sans doute.


SOCRATE.

N’est-ce point parce qu’il y a d’autres peintres qui peignent aussi des animaux ?


GORGIAS.

Oui.


SOCRATE.

Au lieu que si Zeuxis était le seul qui en peignît, alors tu aurais bien répondu.


GORGIAS.

Assurément.


SOCRATE.

Dis-moi donc, par rapport à la rhétorique : te

  1. Sur quelle matière, la toile ou la pierre.