Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/212

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lieu dans les tribunaux et les assemblées publiques, comme je disais tout-à-l’heure, et qui roule sur ce qui est juste ou injuste.


SOCRATE.

Je soupçonnais que tu avais en vue cette persuasion et ces objets, Gorgias, mais je n’en ai rien dit, afin que tu ne fusses pas surpris, si, dans la suite de cet entretien, je t’interroge sur des choses qui paraissent évidentes ; car ce n’est point à cause de toi, comme je t’ai déjà dit, que j’en agis de la sorte, mais à cause de la conversation, pour qu’elle marche régulièrement, et que sur de simples conjectures nous ne prenions point l’habitude de prévenir et de deviner nos pensées de part et d’autre ; mais que tu achèves comme il te plaira ton discours, selon les principes que tu auras établis toi-même.


GORGIAS.

Socrate, à mon avis, rien n’est plus sensé que cette conduite.


SOCRATE.

Allons en avant, et examinons encore ceci. Admets-tu ce qu’on appelle savoir ?


GORGIAS.

Oui.


SOCRATE.

Et ce qu’on nomme croire ?