Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/226

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autres arts, et qu’ignorant ce qui est bon ou mauvais, beau ou laid, juste ou injuste, il ait seulement imaginé là-dessus quelque expédient pour persuader, et paraître vis-à-vis des ignorans mieux instruit que les savans, quoiqu’il soit ignorant lui-même : ou bien voyons si c’est une nécessité que celui qui veut apprendre la rhétorique sache tout cela et s’y soit rendu habile avant de prendre tes leçons ; ou si, au cas qu’il n’en ait aucune connaissance, toi qui es maître de rhétorique, tu ne lui enseigneras point du tout ces choses, parce que ce n’est pas ton affaire, mais si tu feras d’ailleurs en sorte que ne les sachant point, il paraisse les savoir, et qu’il passe pour homme de bien, sans l’être ; ou si tu ne pourras point absolument lui enseigner la rhétorique, à moins qu’il n’ait appris d’avance la vérité sur ces matières. Que penses-tu là-dessus, Gorgias ? Au nom de Jupiter, développe-nous, comme tu l’as promis il n’y a qu’un moment, toute la vertu de la rhétorique.


GORGIAS.

Je pense, Socrate, que quand il ne saurait rien de tout cela, il l’apprendrait auprès de moi.


SOCRATE.

Arrête, je te prie. Tu réponds très bien. Afin donc que tu puisses faire de quelqu’un un ora-