Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/231

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rhétorique l’opinion que tu viens de dire ? ou ne crois-tu pas plutôt que c’est par pudeur que Gorgias t’a avoué que l’orateur connaît le juste, le beau, le bon, et que si on venait chez lui sans être instruit de ces choses, il les enseignerait ? C’est cet aveu, probablement, qui est cause de la contradiction où il est tombé, et dont tu t’applaudis, l’ayant jeté dans ces sortes de questions. Mais penses-tu qu’il y ait quelqu’un au monde qui reconnaisse qu’il n’a aucune connaissance de la justice, et qu’il n’est pas en état d’en instruire les autres ? En vérité, il faut être bien étrange pour faire descendre le discours à de pareilles bagatelles.


SOCRATE.

Mon bel ami, nous nous procurons des amis et des enfans tout exprès, afin que si nous venons à faire quelque faux pas étant devenus vieux, vous autres jeunes gens vous redressiez et nos actions et nos discours. Si donc nous nous sommes trompés dans ce que nous avons dit, Gorgias et moi, toi, qui as tout entendu, relève-nous. Tu le dois. Parmi tous nos aveux, s’il y en a quelqu’un qui te paraisse mal accordé, je te permets de revenir dessus, et de le réformer à ta guise, pourvu seulement que tu prennes garde à une chose.