Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/248

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SOCRATE.

Sans doute.


POLUS.

En vérité, Socrate, tu avances des choses pitoyables et insoutenables.


SOCRATE.

Ne me condamne pas si vite, charmant Polus, pour parler comme toi[1]. Mais si tu as encore quelque question à me faire, prouve-moi que je me trompe : sinon, réponds-moi.


POLUS.

Je consens à te répondre, afin de voir clair dans ce que tu viens de dire.


SOCRATE.

Juges-tu que les hommes veulent les actions mêmes qu’ils font habituellement, ou la chose en vue de laquelle ils font ces actions ? Par exemple, ceux qui prennent une potion de la main des médecins, veulent-ils, à ton avis, ce qu’ils font, c’est-à-dire, avaler une potion et ressentir de la douleur ? ou bien veulent-ils la

  1. Le sophiste Polus affectait d’employer des mots d’un nombre égal de syllabes, et qui se terminaient de même, comme on voit par le discours que Platon lui prête au commencement du Gorgias. Socrate, en imitant sa façon de parler, l’appelle ici ὦ λῴσε Πῶλε : raillerie qu’il n’a pas été possible de faire passer dans la traduction.