Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/261

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POLUS.

Cet Archelaüs est donc malheureux, à ton compte.


SOCRATE.

Oui, mon cher, s’il est injuste.


POLUS.

Et comment ne serait-il pas injuste ? Il n’avait aucun droit au trône qu’il occupe, étant fils d’une esclave d’Alcétas, frère de Perdiccas ; selon la justice, il était esclave d’Alcétas ; il aurait dû le servir, s’il eût voulu être juste, et en conséquence il aurait été heureux, à ce que tu prétends ; au lieu qu’aujourd’hui le voilà devenu souverainement malheureux, puisqu’il a commis les plus grands forfaits ; car ayant d’abord envoyé chercher Alcétas, son maître et son oncle, comme pour lui remettre l’autorité dont Perdiccas l’avait dépouillé, il le reçut chez lui, l’enivra lui et son fils Alexandre, qui était son cousin et à-peu-près du même âge, et les ayant mis dans un chariot, et transportés de nuit hors du palais, il les fit égorger tous deux, et s’en débarrassa ainsi. Cela fait, il ne s’aperçut point du malheur extrême où il était tombé, il ne conçut nul repentir ; et peu de temps après, au lieu de consentir à devenir heureux, en prenant soin,