Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/266

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POLUS.

Tu avances là d’étranges paradoxes, Socrate.


SOCRATE.

Je vais essayer, mon cher, de te faire dire les mêmes choses que moi : car je te tiens pour mon ami. Voilà donc les objets sur lesquels nous sommes divisés. Juges-en toi-même. J’ai dit tout-à-l’heure que commettre une injustice est un plus grand mal que la souffrir.


POLUS.

Cela est vrai.


SOCRATE.

Et toi, que c’est un plus grand mal de la souffrir.


POLUS.

Oui.


SOCRATE.

J’ai dit que ceux qui agissent injustement sont malheureux ; et tu m’as réfuté là-dessus.


POLUS.

Oui, par Jupiter.


SOCRATE.

À ce que tu crois, Polus.


POLUS.

Et probablement j’ai raison de le croire.