Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/290

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POLUS.

Selon toute vraisemblance.


SOCRATE.

Eh bien ! cet homme, n’est-ce pas celui qui, s’étant rendu coupable des plus grands crimes, et tout rempli d’injustice, parvient à se mettre au-dessus des réprimandes, des corrections, des punitions ? Telle est, comme tu le dis toi-même, la situation d’Archélaüs, et celle des autres tyrans, des orateurs et de tous ceux qui jouissent d’un grand pouvoir.


POLUS.

Il paraît qu’oui.


SOCRATE.

Et véritablement, mon cher, tous ces gens-là ont fait à-peu-près la même chose que celui qui, étant attaqué des plus grandes maladies, trouverait le moyen de ne point faire corriger par les médecins les affections vicieuses qui le travaillent, et de ne point faire de traitement, craignant, comme un enfant, qu’on ne lui applique le fer et le feu, parce que cela fait mal. Ne te semble-t-il pas que la chose est ainsi ?


POLUS.

Oui.


SOCRATE.

Ce serait sans doute par ignorance des avantages de la santé et de la bonne habitude du