Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/317

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même lieu, comme nous sommes ici, et que nous eussions en commun différens mets et différens breuvages ; que notre assemblée fût composée de toutes sortes de gens, les uns forts, les autres faibles, et qu’un d’entre nous, en qualité de médecin, eût plus de sagesse que les autres touchant l’usage de ces alimens ; que d’ailleurs il fût, comme il est vraisemblable, plus fort que les uns et plus faible que les autres : n’est-il pas vrai que cet homme, étant plus sage que nous, sera aussi meilleur et plus puissant par rapport à ces choses ?


CALLICLÈS.

Sans contredit.


SOCRATE.

Faudra-t-il parce qu’il est meilleur, qu’il ait une plus forte part d’alimens que les autres ? Ou plutôt, en qualité de chef, ne doit-il pas être chargé de la distribution du tout ? Et quant à la consommation des alimens, et leur usage pour la nourriture de son corps, ne faut-il pas qu’il s’abstienne d’en prendre plus que les autres, sous peine d’être incommodé, qu’il s’en donne plus qu’à ceux-ci et moins qu’à ceux-là ; et s’il est le plus faible de tous, quoique le meilleur, qu’il en ait le moins de tous, Calliclès ? Cela n’est-il pas ainsi, mon cher ?