Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/33

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et que nous avons considéré ce qui se passait, nous nous sommes avancés vers Protagoras ; et lui adressant la parole, Protagoras, lui dis-je, Hippocrate et moi sommes venus ici pour te voir.

Voulez-vous me parler en particulier, nous dit-il, ou devant tout ce monde ?

Peu nous importe. Quand je t'aurai dit ce qui nous amène, tu verras toi-même ce qui convient le mieux.

Qu'est-ce donc qui vous amène ?

Hippocrate que voilà, lui ai-je répondu, est un de mes compatriotes, fils d'Apollodore, d'une des plus grandes et des plus riches maisons d'Athènes, nul jeune homme de son âge n'a de plus heureuses dispositions ; il veut se rendre illustre dans sa patrie, et il est persuadé que, pour y réussir, il ne peut mieux faire que de s'attacher à toi. Vois donc si sur cela tu veux nous entretenir en particulier, ou devant tout ce monde ?

Cela est fort bien, Socrate, d'user de cette précaution envers moi ; car un étranger qui va dans les plus grandes villes, et qui y persuade les jeunes gens les plus distingués de quitter leurs concitoyens, parens ou autres, jeunes et vieux, et de ne s'attacher qu'à lui pour devenir plus habiles par son commerce, ne saurait prendre trop de précautions ; c'est un métier fort délicat, exposé aux traits de l'envie, et qui attire beau-