Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/348

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sentiment, ou celui de tout autre homme, n’est point que les plaisirs sont les uns meilleurs, les autres plus mauvais ?


SOCRATE.

Ha ! ha ! Calliclès, que tu es rusé ! Tu me traites comme un enfant, en me disant tantôt que les choses sont d’une façon, tantôt qu’elles sont d’une autre ; et tu cherches ainsi à me tromper. Je ne croyais pas pourtant, au commencement, que tu pusses consentir à me tromper, parce que je te croyais mon ami : mais je me suis abusé, et je vois bien qu’il faut me contenter, selon le vieux proverbe, des choses telles qu’elles sont, et de prendre ce que tu me donnes. Tu dis donc présentement, à ce qu’il paraît, que les plaisirs sont, les uns bons, les autres mauvais, n’est-ce pas ?


CALLICLÈS.

Oui.


SOCRATE.

Les bons ne sont-ce pas les avantageux, et les mauvais, ceux qui sont nuisibles ?


CALLICLÈS.

Je le crois.


SOCRATE.

Les avantageux sont apparemment ceux qui