Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/367

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ponds donc à ce qui reste, pour donner une tête à cet entretien.


CALLICLÈS.

Que tu es pressant, Socrate ! Si tu m’en crois, tu laisseras là cette dispute, ou tu l’achèveras avec quelque autre.


SOCRATE.

Et quel autre le voudra ? Allons, ne quittons pas ce discours sans l’achever.


CALLICLÈS.

Ne pourrais-tu point l’achever seul, soit en parlant de suite, ou en te répondant toi-même ?


SOCRATE.

Bon, pour qu’il m’arrive ce que dit Épicharme, et que je sois seul à dire ce que deux hommes disaient auparavant[1]. Je vois bien pourtant que de toute nécessité il faudra en venir là : mais, si nous prenons ce parti, je pense que du moins nous devons tous, tant que nous sommes, être jaloux de connaître ce qu’il y a de vrai et de faux dans le sujet que nous traitons ; car il est de notre intérêt commun que la chose soit

  1. Athén. Deipnos. VII, ed. Schweigh. III, p. 128, cite ce vers dans une occasion semblable. — Le Scholiaste suppose qu’il s’agit d’un drame d’Épicharme, où, sur la fin, un acteur se charge de deux rôles.