Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/368

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


mise en évidence. Je vais donc exposer ce que je pense là-dessus, et si quelqu’un trouve que je reconnaisse pour vraies des choses qui ne le sont pas, qu’il ne manque pas de m’arrêter et de me réfuter. Aussi bien je ne parle pas comme un homme sûr de ce qu’il dit ; mais je cherche en commun avec vous. C’est pourquoi, si celui qui m’arrêtera me paraît avoir raison, je serai le premier à en tomber d’accord. Au reste, je ne vous propose ceci qu’autant que vous jugerez qu’il faut achever cette dispute : si vous n’en êtes pas d’avis, laissons-la pour ce qu’elle est, et allons-nous-en.


GORGIAS.

Pour moi, Socrate, mon avis n’est pas que nous nous retirions, mais que tu finisses ce discours ; et il me paraît que les autres pensent de même. Je serai charmé de t’entendre exposer ce qui te reste à dire.


SOCRATE.

Et moi, Gorgias, je reprendrais de tout mon cœur la conversation avec Calliclès, jusqu’à ce que je lui eusse rendu le morceau d’Amphion pour celui de Zéthus[1]. Mais, puisque tu ne veux

  1. Ceci se rapporte à une scène de l’Antiope d’Euripide qui ne nous a pas été conservée.