Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/371

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car il ne serait plus tempérant, s’il ne les remplissait pas. Il est nécessaire que cela soit ainsi. En s’acquittant de ses devoirs vis-à-vis de ses semblables, il fait des actions justes ; et en les remplissant envers les dieux, il fait des actions saintes. Or, quiconque fait des actions justes et saintes est nécessairement juste et saint. Cela est vrai. Nécessairement encore il est courageux : car il n’est pas d’un homme tempérant ni de rechercher ni de fuir ce qu’il ne convient pas qu’il recherche ou qu’il fuie, mais il faut qu’il recherche ou qu’il fuie ce que le devoir lui prescrit de fuir ou de rechercher, choses et personnes, plaisir et douleur, et qu’il supporte tout avec constance. De sorte qu’il est de toute nécessité, Calliclès, que l’homme tempérant étant, comme on l’a vu, juste, courageux et saint, soit parfaitement homme de bien ; qu’étant homme de bien, toutes ses actions soient bonnes et belles, et que, vivant bien[1], il soit heureux : qu’au contraire, le méchant, qui vit mal, soit malheureux ; et le méchant, c’est celui qui est dans une disposition contraire à celle-là,

  1. Εὖ ϰαὶ ϰαλῶς πράττειν (voyez le Premier Alcibiade et le Charmide) signifie à-la-fois bien agir et être heureux. Socrate fit préférer, dans son école, cette formule de salut à celles de χαίρειν, se réjouir, ὑγιαίνειν, se bien porter.