Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/372

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c’est l’homme déréglé dont tu vantes la condition. Quant à moi, voilà ce que je pose pour certain, ce que j’assure être vrai. Mais, si cela est vrai, il n’y a point, ce me semble, d’autre parti à prendre pour quiconque veut être heureux, que de s’attacher et de s’exercer à la tempérance, et de fuir de toutes ses forces la vie licencieuse ; il doit par dessus tout faire en sorte de n’avoir aucun besoin de correction : mais s’il en a besoin ou lui-même ou quelqu’un de ses proches, soit un simple particulier, soit tout un état, il faut qu’on lui fasse subir un châtiment, et qu’on le corrige, si l’on veut qu’il soit heureux. Tel est, à mon avis, le principe qui doit diriger notre conduite ; il faut rapporter toutes ses actions individuelles et celles de l’état à cette fin, que la justice et la tempérance règnent en celui qui aspire à être heureux ; et se bien garder de donner une libre carrière à ses passions, et de chercher à les satisfaire, ce qui est un mal sans remède, et de mener ainsi une vie de brigand. Un tel homme en effet ne saurait être ami des hommes, ni de Dieu : car il est impossible qu’il ait aucun rapport avec eux, et où il n’y a point de rapport, l’amitié ne peut avoir lieu. Les sages[1], Calliclès, disent que

  1. Le Scholiaste : Les Pythagoriciens, et particulièrement Empédocle.