Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/375

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


l’auteur de l’injustice que pour moi, qui la souffre. Ces maximes, qui, selon moi, ont été démontrées dans toute la suite de cet entretien, sont, autant qu’il me semble, attachées et liées entre elles, si on peut parler avec cette rudesse, par des raisons de fer et de diamant. Si tu ne parviens à les rompre, toi ou quelque autre plus vigoureux que toi, je tiens que c’est là ce que dit le sens commun sur ces matières. Pour moi, je le répète, je ne sais point ce qui en est en réalité ; mais de tous ceux avec qui j’ai conversé, comme je le fais maintenant avec toi, il n’en est aucun qui ait pu éviter de se rendre ridicule, en soutenant une autre opinion. Ainsi, je suppose que cette manière de voir est la véritable ; mais si elle l’est, si l’injustice est le plus grand de tous les maux pour celui qui la commet, et si, tout grand qu’est ce mal, c’en est un plus grand encore, s’il se peut, de n’être point puni des injustices qu’on a commises, quel est le genre de secours qu’on ne peut être incapable de se procurer à soi-même, sans être véritablement digne de risée ? N’est-ce pas le secours dont l’effet serait de détourner de nous le plus grand dommage ? Oui ; ce qu’il y a incontestablement de plus laid est de ne pouvoir se ménager ce secours à soi-même, ni à ses amis, ni à ses proches. Il faut mettre au