Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/38

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c’est dans l’art de jouer de la flûte[1] ? Cela étant, je te prie, Protagoras, de nous répondre de même à ce jeune homme et à moi qui [318d] t’interroge pour lui. Tu dis que si Hippocrate s’attache à toi dès le premier jour il s’en retournera plus habile, et ainsi tous les jours de sa vie. Mais explique-nous en quoi et sur quoi.

Protagoras ayant entendu ces paroles m’a dit : Socrate, ta question est bien faite, et je me plais à répondre à ceux qui me font de bonnes questions. Hippocrate n’éprouvera point en s’attachant à moi, ce qui lui serait arrivé s’il s’était adressé à tout autre sophiste. Les autres perdent la jeunesse. [318e] Quelque aversion qu’elle témoigne pour les arts, ils l’y jettent malgré elle, lui apprenant le calcul, l’astronomie, la géométrie et la musique (en disant ces mots, il jetait les yeux sur Hippias) : au lieu qu’Hippocrate n’apprendra à mon école que ce qu’il vient pour y apprendre ; et ce que j’enseigne c’est l’intelligence des affaires domestiques, afin qu’on sache gouverner sa maison le mieux possible, [319a] et des affaires publiques, afin qu’on devienne capable de parler et d’agir pour les intérêts de l’état.

Vois, lui ai-je dit, si je comprends bien ta pensée ; il me semble que tu veux parler de la

  1. On ne trouve nulle autre part dans l’antiquité aucuns détails sur Zeuxippe et Orthagoras.