Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/395

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CALLICLÈS.

Veux-tu que je te l’accorde ?


SOCRATE.

Oui, si tu trouves que je dis vrai.


CALLICLÈS.

Soit donc.


SOCRATE.

Et les rendant plus féroces, ne les a-t-il pas conséquemment rendus plus injustes et plus méchans ?


CALLICLÈS.

Soit.


SOCRATE.

Ainsi Périclès n’était point à ce compte un bon politique.


CALLICLÈS.

Tu le dis.


SOCRATE.

Et toi aussi assurément, si on en juge par tes aveux. Dis-moi encore au sujet de Cimon ; ceux dont il prenait soin ne lui firent-ils pas subir la peine de l’ostracisme, afin d’être dix ans entiers sans entendre sa voix ? Ne tinrent-ils pas la même conduite à l’égard de Thémistocle, et de plus ne le condamnèrent-ils point au bannissement ? Pour Miltiade, le vainqueur de Marathon, ils le condamnèrent à être précipité