Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/396

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


dans la fosse, et sans le premier prytane, il y eût été jeté[1]. Cependant, s’ils avaient tous été de bons citoyens, comme tu le prétends, il ne leur serait jamais arrivé rien de semblable. Il n’est pas naturel que les habiles conducteurs de chars ne tombent point de leurs chevaux dans les commencemens, et qu’ils en tombent après avoir rendu leurs chevaux plus dociles, et être devenus eux-mêmes meilleurs cochers. C’est ce qui n’arrive ni dans la conduite des chars, ni dans aucune autre chose. Qu’en penses-tu ?


CALLICLÈS.

Je pense comme toi.


SOCRATE.

Ce qui a été dit précédemment était donc vrai, à ce qu’il paraît, que nous ne connaissons aucun homme de cette ville qui ait été bon politique. Tu avouais toi-même qu’il n’y en a point aujourd’hui ; mais tu soutenais qu’il y en a eu autrefois ; et tu as nommé de préférence ceux dont je viens de parler. Or, nous avons vu qu’ils n’ont aucun avantage sur ceux de nos jours. C’est pourquoi, s’ils étaient orateurs, ils n’ont fait usage ni de la véritable rhétorique, car ja-

  1. L’histoire ne dit rien de cette circonstance. — Le premier prytane avait le droit d’annuler un jugement déjà prononcé.