Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/411

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sur ce point, devant peu comme devant beaucoup de personnes, et même vis à vis de moi seul, et je serais au désespoir qu’une pareille impuissance fût cause de ma mort. Mais si je perdais la vie faute d’avoir quelque usage de la rhétorique flatteuse, je suis bien sûr que tu me verrais supporter la mort de bonne grâce. Aussi bien personne ne craint-il la mort, à moins qu’il ne soit tout-à-fait insensé et lâche. Ce qui fait peur, c’est de commettre l’injustice, puisque le plus grand des malheurs est de descendre dans l’autre monde avec une âme chargée de crimes. Je veux, si tu le trouves bon, te prouver par un récit que la chose est ainsi.


CALLICLÈS.

Puisque tu as achevé tout le reste, achève encore ceci.


SOCRATE.

Écoute donc, comme on dit, un beau récit, que tu prendras, à ce que j’imagine, pour une fable et que je crois être un récit très véritable ; je te donne pour certain ce que je vais dire.

Jupiter, Neptune et Pluton partagèrent ensemble, comme Homère le rapporte[1], l’empire qu’ils tenaient des mains de leur père. Or, du temps de Saturne, il y avait sur les hommes une loi,

  1. Hom. Iliad., liv. XV, v. 187.