Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/418

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mes puissans, mon cher, deviennent méchans. Pour revenir donc à ce que je disais, lorsque quelqu’un d’eux tombe entre les mains de ce Rhadamanthe, il ne connaît nulle autre chose de lui, ni quel il est, ni quels sont ses parens, sinon qu’il est méchant ; et l’ayant reconnu pour tel, il le relègue au Tartare, après lui avoir mis un certain signe, selon qu’il le juge capable ou incapable de guérison ; et arrivé au Tartare, le coupable est puni comme il mérite de l’être. D’autres fois, en voyant une âme qui a vécu saintement et dans la vérité, soit l’âme d’un particulier ou de quelque autre, mais surtout, à ce que je pense, Calliclès, celle d’un philosophe uniquement occupé de lui-même, et qui durant sa vie a évité l’embarras des affaires, il en est ravi, et l’envoie aux îles fortunées. Éaque en fait autant de son côté. L’un et l’autre porte ses jugemens tenant une baguette en main. Pour Minos, il est assis à l’écart et les surveille : il a un sceptre d’or, comme Ulysse d’Homère rapporte qu’il l’a vu,

Tenant un sceptre d’or, et rendant la justice aux morts[1].

  1. Odyss. XI, v. 569. Voyez le Minos.