Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/419

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J’ajoute, Calliclès, une foi entière à ces discours, et je m’étudie à paraître devant le juge avec une âme irréprochable. Je méprise ce que la plupart des hommes estiment ; je ne vise qu’à la vérité, et tâcherai de vivre et de mourir, lorsque le temps en sera venu, aussi vertueux que je pourrai. J’invite tous les autres hommes, autant qu’il est en moi, et je t’invite toi-même à mon tour, à embrasser ce genre de vie, et à t’exercer à ce combat, le meilleur, à mon avis, de tous ceux d’ici-bas ; et je te reproche que tu ne seras point en état de te défendre, lorsqu’il faudra comparaître et subir le jugement dont je parle ; mais arrivé en présence de ton juge, le fils d’Égine, quand il t’aura pris et amené devant son tribunal, tu ouvriras la bouche toute grande, et la tête te tournera, tout comme à moi devant les juges de cette ville. Peut-être qu’alors aussi on te frappera ignominieusement sur la figure et l’on te fera toutes sortes d’outrages.

Tu regardes apparemment tout cela comme des contes de vieille femme, et n’en fais nul cas ; et il ne serait pas surprenant que nous n’en tinssions aucun compte si, après bien des recherches, nous pouvions trouver quelque chose de meilleur et de plus vrai. Mais tu vois que vous trois, qui êtes les plus sages des Grecs d’aujour-