Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/442

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du livre de Gorgias. D’autre part, Platon dit, dans le Théétète, que « Socrate, étant très jeune, rencontra Parménide, très âgé, et le trouva un homme très profond. » Parménide avait été maître d’Empédocle, qui avait été maître de Gorgias ; Gorgias vécut très longtemps ; on dit jusqu’à cent neuf ans. Gorgias et Socrate ont donc été contemporains.

Il y a sur ce passage plusieurs observations à faire. D’abord il est la preuve, ou plutôt la base, de la rectification de Corsini, qui rapporte à la troisième année de la 77e olympiade la naissance de Socrate, que jusqu’alors on rapportait à la 4e, erreur légère reproduite dans la plupart des tables chronologiques de l’histoire de la philosophie, et, par exemple, dans celle de Tennemann, tome Ier. Ensuite il devient ainsi très facile de fixer positivement la chronologie de Socrate. Né 28 ans avant la 84e olympiade, c’est-à-dire la troisième année de la 77e, on voit, par le Criton, qu’il est mort à 71 ans, c’est-à-dire, en ajoutant 71 ans à la troisième année de la 77e olympiade, à-peu-près la 95e olympiade ; ce qui est en effet la date admise de sa mort. Il n’est pas moins facile de comprendre de cette, manière la contemporanéité de Socrate et de Gorgias. Parménide est la maître d’Empédocle, qui est le maître de Gorgias. Socrate peut avoir vu le premier et le dernier, à deux conditions, l’une qu’il