Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/454

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puissance vitale (de ζῇν), et Διὸς, parce qu’il donne (δίδωσι) la vie par lui-même. Le soleil est porté par quatre coursiers qui représentent les deux équinoxes et les deux solstices. Il est jeune à cause de la force de ses rayons. La lune est traînée par deux taureaux : ils sont deux à cause de sa croissance et de son décroissement. Ce sont des taureaux, parce que de même que les taureaux labourent la terre, de même la lune gouverne le monde terrestre. Le soleil est mâle, la lune femelle, parce qu’il appartient au mâle de donner, à la femelle de recevoir ; le soleil donne la lumière, la lune la reçoit. Il ne faut point se troubler de ces récits des poètes.

Platon dit que Jupiter, Neptune et Pluton se partagèrent l’empire qu’ils avaient reçu de Saturne. Il n’emploie pas un mythe poétique, mais un mythe philosophique; aussi ne dit-il pas comme les poètes, qu’ils ravirent l’empire à Saturne, mais qu’ils le partagèrent. Partage ou loi, même chose (νόμος, de νέμω). La loi, c’est le partage fait par l’intelligence. Or Saturne signifiant, comme on l’a dit, l’intelligence, de lui vient la loi.

L’univers se compose de trois choses : les célestes, les terrestres et les intermédiaires, c’est-à-dire le feu, l’air, l’eau. Jupiter préside aux choses célestes, Pluton aux choses de la terre, le règne intermédiaire