Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/48

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Voilà ce que j’avais à dire pour expliquer comment on a raison d’admettre tout le monde à donner son avis sur ce qui concerne cette vertu, à cause de la persuasion où l’on est que tous y ont part. Je vais maintenant essayer de te démontrer que les hommes ne regardent cette vertu, ni comme un don de la nature, ni comme une qualité qui naît d’elle-même, mais comme une chose qui peut s’enseigner et qui est le fruit de l’étude et de l’exercice. Car pour les défauts que les hommes attribuent [323d] à la nature ou au hasard, on ne se fâche point contre ceux qui les ont. Nul ne les réprimande, ne leur fait des leçons, ne les châtie, afin qu’ils cessent d’être tels ; mais on en a pitié. Par exemple, qui serait assez insensé pour s’aviser de corriger les personnes contrefaites, de petite taille, ou de complexion faible ? C’est que personne n’ignore, je pense, que les bonnes qualités en ce genre, ainsi que les mauvaises, viennent aux hommes de la nature ou de la fortune. Mais, pour les biens qu’on croit que l’homme peut acquérir par l’application, l’exercice et l’instruction, [323e] lorsque quelqu’un ne les a point, et qu’il a les vices contraires, c’est alors que la colère, les châtimens et les réprimandes ont lieu. Du nombre de ces vices est l’injustice, l’impiété, en un mot, [324a] tout ce qui est opposé à la vertu politique. Si l’on se