Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/50

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que la vertu peut être acquise et enseignée. Ce n’est donc pas sans raison que tes citoyens trouvent bon que le forgeron et le cordonnier aient part aux délibérations politiques, et qu’ils regardent la vertu comme pouvant être enseignée et acquise. Voilà qui est, ce me semble, [324d] suffisamment démontré.

Il reste encore un doute à éclaircir, qui a pour objet les hommes vertueux. Tu me demandes pourquoi ils font apprendre à leurs enfans tout ce qui dépend des maîtres, et les rendent habiles en toutes ces choses, tandis qu’ils ne sauraient les rendre meilleurs que le dernier des citoyens dans la vertu où ils excellent eux-mêmes. Ici, Socrate, je n’aurai plus recours à la fable, mais j’emploierai le discours ordinaire. Fais, je te prie, les réflexions suivantes. Est-il, ou non une chose que tous les citoyens ne peuvent se dispenser d’avoir, [324e] afin que la cité puisse subsister ? De ce point dépend la solution de ton doute ; on ne saurait l’expliquer autrement. Car s’il y a effectivement une chose de cette nature, et que ce ne soit ni l’art du charpentier, ni celui du forgeron ou du potier, [325a] mais la justice, la tempérance, la sainteté, ce que j’appelle en un mot la vertu convenable à l’homme : s’il est nécessaire que tous participent à cette vertu, et que chacun entreprenne avec elle tout ce qu’il a des-