Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/513

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il a les oreilles étourdies à force de m'entendre. — Il n'est que trop vrai, par les dieux ! s'écria Ctésippe : aussi bien tout cela est-il fort ridicule, Socrate ; il est en effet assez plaisant qu'un amoureux, la tête remplie plus que personne de son bien-aimé, [205c] ne trouve rien de plus particulier à en dire que ce qu'en pourrait conter le premier enfant venu : à savoir ce qui se chante par toute la ville, et sur Démocrate, et sur Lysis, grand-père du jeune homme, et sur tous ses aïeux ; leurs richesses, le nombre de leurs chevaux, les prix remportés par eux aux jeux isthmiques, néméens, pythiques, et à la course des chars, et à la course des chevaux ; voilà ce qu'il nous rebat en prose et en vers, et mainte autre histoire plus vieille encore. L'autre jour, c'était la visite d'Hercule qu'il nous racontait dans je ne sais quelle tirade poétique ; c'est-à-dire comment un de leurs ancêtres [205d] eut l'honneur de recevoir Hercule en qualité de son parent, étant né lui-même de Jupiter et de la fille du premier fondateur de son dème d'Æxonée ; toutes choses qu'on entend chanter par les vieilles femmes, et cent autres récits de même force. Voilà, Socrate, ce qu'il nous condamne à entendre et en vers et en prose. — Quand Ctésippe eut fini : Oh ! oh ! m'écriai-je, Hippotha-