Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/518

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amis, il n'y a aucune différence à faire entre vous sous le rapport de la fortune. — Ils en tombèrent d'accord. [207d] J'allais leur demander ensuite lequel des deux était le plus sage et le plus juste, lorsqu'un de leurs camarades vint avertir Ménexène que le maître de la palestre le demandait. Je présume que c'était en qualité de surveillant du sacrifice qu'on avait besoin de lui.

Ménexène se retira donc ; alors, m'adressant à Lysis : N'est-il pas vrai, lui dis-je, que ton père et ta mère t'aiment tendrement ? — Je le crois. — Et qu'ils voudraient te voir aussi heureux que possible ? [207e] — Certainement. — Et regardes-tu comme heureux l'homme qui est esclave, et qui n'a la permission de rien faire de ce qu'il désire ? — Non, assurément. — Si donc ton père et ta mère ont de la tendresse pour toi, et qu'ils souhaitent ton bonheur, il est clair qu'ils doivent, par tous les moyens possibles, s'efforcer de te le procurer. — Pourquoi non ? — En ce cas, ils te laissent donc faire tout ce que tu veux ; jamais ils ne te grondent, jamais ils ne te défendent de faire ce dont tu peux avoir envie ? — Par Jupiter ! Socrate, c'est tout le contraire ; il y a bien des choses qu'ils me défendent. — Qu'est-ce à dire ? Eux qui