Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/517

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quelque chose entre nous. Lysis se retournait souvent en jetant les yeux vers nous ; et l'on voyait qu'il avait grande envie de venir nous trouver. Il parut quelque temps embarrassé, comme hésitant à venir tout seul ; mais bientôt Ménexène entra, en jouant, de la cour dans l'endroit où nous étions, et, en voyant [207b] Ctésippe et moi, il s'approcha pour s'asseoir auprès de nous. Lysis, observant son intention, le suivit et se plaça à son côté. Les autres accoururent aussi. Alors Hippothalès, dès qu'il les vit former un groupe assez nombreux, alla se glisser parmi eux, en tâchant de n'être pas aperçu de Lysis, de peur de lui déplaire, et se tenant à portée de nous écouter.

Alors, m'adressant à Ménexène : Fils de Démophon, [207c] lui dis-je, lequel est le plus âgé de vous deux ? — Nous sommes en débat là-dessus, me répondit-il. — Et ne disputez-vous pas aussi qui de vous deux est le plus brave jeune homme ? — Assurément. — Et aussi, sans doute, lequel est le plus beau ? — Tous deux se mirent à rire. — Je ne veux pas vous demander lequel de vous est le plus riche ; car vous êtes amis, n'est-il pas vrai ? — Très vrai. — Et, comme on dit, entre amis tous les biens sont communs ; de sorte que, si vous êtes sincères en vous donnant pour