Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/525

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ignorant. — Par Jupiter ! j'espère bien que non, Socrate.

[210e] Là-dessus je tournai les yeux vers Hippothalès, et je pensai commettre une indiscrétion ; car je fus sur le point de m'écrier : Voilà, Hippothalès, quels entretiens il faut avoir avec ceux qu'on aime, pour rabattre leur amour-propre et les rendre humbles, au lieu de les enfler d'orgueil et de les gâter comme tu fais. Mais, le voyant inquiet et tout troublé de ce qui venait d'être dit, je me rappelai qu'il voulait rester caché à Lysis, et m'étant ravisé, je retins [211a] le propos qui allait m'échapper.

En ce moment Ménexène revint, et s'assit auprès de Lysis, à la place qu'il avait quittée. Lysis me dit tout doucement, sans qu'il pût l'entendre, d'un air naïf et amical : Socrate, répète donc à Ménexène les mêmes choses que tu m'as dites. Lysis, lui répondis-je, tu pourras les lui dire toi-même, car tu m'as suivi avec grande attention. — Il est vrai, reprit-il. — En ce cas, tâche de te rappeler cela [211b] de ton mieux, afin de lui en rendre compte exactement ; si tu oublies quelque chose, tu peux me le demander la première fois que tu me rencontreras. — Oui, Socrate, je m'y appliquerai, je te le promets ; mais parle-lui à son tour : je désire t'écouter jusqu'à ce qu'il soit