Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/54

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mettant les tablettes, exigent qu’ils suivent en écrivant les traits qu’ils ont sous les yeux, ainsi la cité, leur proposant pour règle des lois inventées par de sages et anciens législateurs, les oblige à se conformer à ces lois, qu’ils commandent ou qu’ils obéissent : elle punit quiconque s’en écarte ; et on donne chez vous et en beaucoup d’autres endroits à cette punition le nom de redressement, [326e] parce que la fonction propre de la justice est de redresser. Les soins que l’on prend, soit en particulier, soit en public, pour inspirer la vertu, étant tels que je viens de dire, t’étonnes-tu, Socrate, et doutes-tu encore que la vertu puisse s’enseigner ? Loin que cela doive te surprendre, il serait bien plus surprenant que la chose ne fût pas ainsi.

Pourquoi donc des pères vertueux ont-ils souvent des enfans tout-à-fait dépourvus de mérite ? Apprends-en la raison. Il n’y a rien en cela d’extraordinaire, si ce que j’ai dit plus haut est vrai, que pour qu’une cité subsiste, [327a] aucun de ceux qui la composent ne doit être dénué de cette chose qu’on appelle la vertu. Et s’il en est ainsi, comme cela est incontestablement, prends pour exemple telle profession, telle science qu’il te plaira ; suppose qu’il soit impossible qu’une ville subsiste, à moins que tous les citoyens ne soient joueurs de flûte, chacun plus ou moins bon,