Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/55

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selon son talent, et que tous se donnent mutuellement des leçons de cet art, soit en particulier, soit en public, de façon que l’on réprimande celui qui ne jouerait pas bien, et qu’on n’envie à qui que ce soit l’instruction en ce genre, de même qu’on n’envie [327b] et qu’on ne cache à personne la science de ce qui est juste et prescrit par les lois (chose fort ordinaire dans les autres arts); car chacun a intérêt, je pense, à ce que les autres soient justes et vertueux, et en conséquence tous s’empressent de faire connaître et d’enseigner à tous ce qui se rapporte à la justice et aux lois ; suppose donc que nous montrions la même ardeur à nous instruire les uns les autres dans l’art de jouer de la flûte, et la même [327c] facilité à communiquer nos connaissances sur ce point, penses-tu, Socrate, que les enfans des bons joueurs de flûte devinssent plus habiles que ceux des mauvais ? Pour moi, je crois que non, et que celui-là se distinguerait davantage, qui aurait reçu de la nature plus de dispositions, n’importe de quel père il fût né ; comme, au contraire, celui qui n’aurait point de talens naturels, ne se ferait aucune réputation ; de manière que souvent le fils d’un bon joueur de flûte serait fort médiocre, et celui d’un mauvais, excellent. Nous serions tous pourtant des joueurs habiles, en comparaison des ignorans, qui n’auraient aucun