Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/541

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Ainsi, quelquefois la présence du mal ne rend pas mauvais ce qui n'est en soi ni mauvais ni bon ; quelquefois aussi elle le rend mauvais. — Tout-à-fait. — Lors donc que, malgré la présence du mal, l'objet n'est pas encore mauvais, cette présence même du mal lui fait désirer le bon ; mais si elle le rend mauvais, elle lui ôte à-la-fois le désir du bon et la faculté de l'aimer. En effet, l'objet n'est plus, [218a] comme d'abord, ni mauvais ni bon ; il est mauvais : or le mauvais ne peut être ami du bon. — Assurément. — D'après cela, nous pouvons dire que ceux qui possèdent la sagesse, hommes ou dieux, ne l'aiment plus ; et que ceux-là ne l'aiment pas non plus, qui poussent l'ignorance jusqu'à n'avoir pas le sentiment du bien ; car celui qui est mauvais et ignorant ne saurait aimer la sagesse. Restent donc ceux qui sont encore ignorans, il est vrai, mais qui ne le sont [218b] pas totalement, et qui reconnaissent ne pas savoir ce qu'en effet ils ne savent pas. Ceux-là, c'est-à-dire ceux qui ne sont ni bons ni mauvais, aiment la sagesse. Quant à ceux qui sont mauvais, ils ne l'aiment pas, non plus que ceux qui sont bons : car le contraire n'est point ami du contraire, ni le semblable du semblable, ainsi que nous l'avons remarqué précédemment : vous vous le rappelez ? — Très bien,