Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/543

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quelque chose. — Ce pourquoi on est ami de quelque chose l'aime-t-on aussi, ou n'est-il ni ami ni ennemi ? [218e] — Je ne saisis pas bien la question. — Cela n'est pas étonnant. Mais de cette manière peut-être tu me suivras plus facilement ; et moi-même, ce me semble, je comprendrai mieux ce que je dis. Le malade, avons-nous avancé tout à l'heure, est ami du médecin : n'est-il pas vrai ? — Oui. — N'est-il pas ami du médecin à cause de la maladie et en vue de la santé ? — Sans doute. — Or, la maladie est un mal ? — Comment n'en serait-elle pas un ? — Et la santé est-elle un bien ou un mal, ou n'est-elle ni l'un ni l'autre ? — Elle est [219a] un bien. — Nous disions, je crois, que le corps, qui n'est en lui-même ni bon ni mauvais, devient, à cause de la maladie, c'est-à-dire à cause du mal, ami de la médecine. Or la médecine est bonne. D'un autre côté, on aime la médecine en vue de la santé. La santé est bonne, n'est-ce pas ? — Oui, certes. — Et l'aime-t-on, ou non ? — On l'aime. — Et la maladie, en est-on ennemi ? — Assurément. — Ce qui n'est ni mauvais ni [219b] bon peut donc, à cause de ce qui est mauvais et ennemi, devenir ami du bon, en vue de ce qui est bon et ami. — Cela me paraît évident. — Ainsi, celui qui aime est ami de ce qui lui